de canyon en canyon, mais pas que ça en fait....
salut l'excellente appellation de Thomas!
On s'attendait à une grande journée, on a été servis au delä de nos expériences!
D'abord chapeau bas aux ouvreurs car c'était un très gros morceau, plus de 50 rappels, une approche dantesque, un glacier face sud au dessus de la tête: il y a du niveau!
Mais détaillons...
Déjà ça commence par l'approche: 1200m de dénivelé + et environ 400m de D- dans un vieil éboulis, du vrai bon terrain de chamois comme on les aime (ou pas). C'est simple: plus on avance, plus c'est escarpé et exposé, et il y en a pour 4 heures!
car oui, oui, oui, ça passe là....
la preuve!!!
En arrivant en haut du canyon, honnêtement, moi je considérais la journée comme finie. Je me disais, bon maintenant, ce n'est plus que du canyon, on ne peut plus avoir de surprises.
Grosse erreur!!!
Nous n'étions qu'au début de nos aventures!
Le premier encaissement s'est assez bien passé, jusqu'à une cascade de 50m où on s'est dit que vraiment, l'amarrage était trop trop mal placé au dessus d'une fissure, avec un gros risque de coincement. Comme des blaireaux, on n'a pas rééquipé, on est descendus dessus...
et ça n'a pas raté: 2 cordes coincées! En plus Tom et moi avions avancé, nous avons donc attendu, fait 1/2 tour, puis Tom et Manu ont grimpé sur une espèce de vire sur le coté pour aller la décoincer (car en plus, ça frottait...)
(la vire en question est à droite de la photo, elle monte en diagonale)
Ils y ont d'ailleurs trouvé un point, ce qui nous fait penser que les ouvreurs (les seuls jusque là à avoir fait ce canyon, à notre connaissance) ont eux aussi miséré!
Bref, Manu remet un point, et là tout va nickel.
Ez là grosse question: que faire? Nous sommes au niveau d'une échapattoire, mais non testée, et tout ce que nous en savons, c'est qu'elle se déroule sur des pentes herbeuses... on sent un peu le plan de la terreur, alors on se dit qu'il faut mieux continuer, qu'on sera plus en sécurité dans le canyon, même si on sent qu'on va finir à la nuit.
Mais nos galères n'étaient pas finies, non non non!!!
Nous avons encore:
- presque coincé 3 cordes dans la C80 qu'il aurait fallu certes fractionner mais il éait tard, on avait la flemme la roche était mauvaise... mais heureusement en remontant sur le coté gauche (vers la dernière échapattoire) on a réussi en bourrinant à tout faire venir
- eu une montée d'eau pas négligeable, mais sans aucun danger, mais du coup l'ambiance était un peu différente
- tonché une corde bien comme il faut: Angélique s'est bien fait brasser, et je n'avais pas vu qu'il y avait un frottement (il n'était pas méchant, en fait, la suite le prouvera). Résultat: sa spelenium a été bien tonchée. J'ai ensuite débrayé Manu, bien que nous n'avions pas réussi à communiquer (pas entendu ses coups de sifflets) sur 4m: du coup la tonche s'est étendue sur 4m! Puis j'ai mouliné Thomas jusqu'en bas
- quand ce fut mon tour de passer, j'a dû descendre sur l'autre brin en simple et là, MISERE, l'Unicore avait toronné à mort, impossible de descendre, et je me retrouve sous le frottement à devoir tout détoronner. J'y vais comme sur des oeufs en prenant appui sur la roche et en essayant de ne pas faire vibrer la corde, bref, je serre les fesses, et ça passe!
- sur ce la nuit tombe! Et ce canyon qui n'en fini pas! Une autre corde se coince (enfin, quelques semaines plus tard, on retrouvera le bout avec un noeud...), il faut la couper...
On fait donc l'enchainement final de nuit, mais ça a l'air très beau. Il y a bien de l'eau, il y a quelques troncs... on en a marre! Plus personne ne parle, on est concentrés juste sur une chose: FINIR!
Nous arrivons enfin à la cascade finale, encore quelques kms de marche sur la route pour retrouver la voiture... Il est 21h!
Thomas décide de rentrer à Morteau, Angélique et Manu vont à Bulle, mais moi je ne me sens pas de faire la route jusqu'à annemasse, je reste dormir au KISC. Une nuit de 11h plus tard, je me suis bien remise!
Je précise qu'encore une fois l'immense majorité des photos sont de Manu, que je remercie!!!